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3 décembre: un billet pour Microbes

L’auteur

Né en 1969 à Buenos Aires, Diego Vecchio réside en France depuis 1992. Il est l’auteur de deux romans,: Historia Calamitatum; publié en 2001, et Osos, 2010 ainsi que d’un essai, Macedonio Fernández y la liquidacion del yo paru en 2003. En 2006, la maison d’édition Beatriz Viterbo publie son recueil de nouvelles Microbios, seule œuvre de l’auteur traduite en Français, et publiée aux éditions de l’Arbre Vengeur en 2010. Diego Vecchio fut fortement influencé dans son écriture par l’auteur argentin Macedonio Fernàndez, auteur qui fut l’objet de sa thèse en 2001.

L’éditeur 

L’Arbre Vengeur est une maison d’édition créée en 2002 par un libraire et un graphiste, David Vincent et Nicolas Étienne. Elle avait pour but initial de rééditer des romans qui n’avaient pas eu le succès qu’ils méritaient à leur première publication. Elle se veut insolente et anticonformiste, choisissant avec soin les livres et manuscrits qu’elle publie afin qu’ils soient en accord avec sa politique éditoriale originale. Elle a également un attachement particulier pour les auteurs italiens et hispaniques, du fait de la collaboration de ses fondateurs avec Lise Chapuis (traductrice de l’italien), Robert Amutio et Denis Amutio (traducteurs de l’espagnol) qui nous font partager leurs découvertes littéraires dans ces deux langues. Microbes, recueil hors du commun d’un auteur argentin, a donc toute sa place dans le catalogue. de LArbre vengeur.

Le recueil

Microbes est un recueil composé de neuf nouvelles relativement courtes puisqu’elles varient de 14 pages pour la plus courte à 25 pour la plus longue (le livre étant de petit format) :

– « La dame aux quintes »,
– « L’homme au tabac »,
– « La fille à la peau sur les os »,
– « Les dames aux peaux de phoque »,
– « L’homme à la cervelle »,
– « L’homme aux fourmis dévisseuses »,
– « La dame aux fleurs »,
– « L’homme au dernier livre »,
– « L’homme au bordel ».

L’histoire de chaque nouvelle se déroule dans une partie du monde différente. Ce sont des fictions humoristiques basées sur des cas cliniques ou maladies improbables. Cependant, cet ouvrage n’est certainement pas à prendre au premier degré, ni en ce qui concerne les maladies, ni à propos de la situation spatio-temporelle puisque l’auteur n’a aucunement fait d’études de médecine ni n’a voyagé dans les différents pays évoqués dans ses nouvelles. Ce recueil a pour thème principal la maladie et l’hypocondrie (dont l’auteur dit souffrir). Il en est question dans chaque nouvelle. Cependant, ces sujets évoqués habituellement avec gravité sont ici présentés sous forme humoristique et donc avec une certaine légèreté.

Cet ouvrage pourrait ressembler à un livre de médecine :

« Les mains sont des membres qui, étant en contact permanent avec le monde, peuvent transmettre une infinité de maladies, entres autres, la fièvre typhoïde, le choléra et la méningite cérébro-spinale épidermique. » (page 22).

Il n’en est rien.

Cet ouvrage pourrait ressembler à un livre de conseils pour jeunes mamans :

« Il est indispensable de leur inculquer le respect des horaires, dès le début, sans les brusquer, et en sachant mettre à profit ces instants privilégiés du rituel du coucher. » (page 11).

Il n’en est rien.

Cet ouvrage pourrait avoir pour but de prévenir les lecteurs sur les causes de maladies éventuelles :

« La nicotine provoque une forte accoutumance. Il est parfois difficile d’arrêter de fumer. N’hésitez pas à vous faire aider par un spécialiste. Buvez beaucoup, surtout de l’eau. Buvez du thé et des jus de fruits, limitez votre consommation d’alcool, qui peuvent accroître votre envie de fumer. […] » (page 40).

Il n’est pas cela non plus. Microbes est un recueil de nouvelles qui, s’il contient des passages explicatifs, n’est ni plus ni moins qu’une œuvre fictionnelle au style original.

Le livre et l’écriture sont des thématiques également très présentes dans l’œuvre puisque huit nouvelles sur neuf concernent des écrivains, auteurs de romans, d’articles, de livres spécialisés, ou encore à la recherche de la phrase parfaite. La seule nouvelle dans laquelle le livre (ou l’idée d’écriture) est absent est « L’homme au bordel » pour une raison purement logique, puisqu’elle suit directement la nouvelle intitulée « L’homme au dernier livre ». Chaque nouvelle évoque l’écriture sous différents aspects, écriture qui souvent se trouve difficile à réaliser pour de douloureuses raisons.

La principale particularité de ce recueil est l’humour présent au cœur même de toutes les nouvelles de façon sous-jacente. Cet humour est à identifier rapidement ici pour éviter de considérer Diego Vecchio comme un être cynique sans une once de sentiment ni de compassion. L’humour est apporté par les situations pour le moins originales mais aussi et surtout par le style particulier d’écriture de Diego Vecchio.

Le côté fantasque de chaque récit est la deuxième particularité de ce recueil de nouvelles. Chaque histoire possède une ou plusieurs caractéristiques la détachant d’un possible réel, ou du moins d’un réel commun. On trouvera par exemple un enfant qui rétrécit jusqu’à disparaître, un homme devisant avec un médecin de l’Antiquité et lui cédant des parties de son corps, ou bien encore une femme guérissant des enfants par le biais de ses livres de contes.

Microbes, unique œuvre de Diego Vecchio publiée en France, est donc incontournable par son originalité et le plaisir qu’elle apporte lors de sa lecture. La capacité de l’auteur à dédramatiser la maladie grâce à l’humour nous guérit presque à travers ce recueil.

À lire au fond de son lit ou en bonne santé !

Sarah Chamard, 1ère année édition-librairie.

http://littexpress.over-blog.net/article-diego-vecchio-microbes-88315300.html

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Autor/Auteur

DIEGO VECCHIO, Buenos Aires, 1969. Reside en Paris desde 1992.

Publicó "Historia calamitatum" (Buenos Aires, Paradiso, 2000), "Egocidio: Macedonio Fernández y la liquidación del yo" (Rosario, Beatriz Viterbo, 2003), "Microbios" (Rosario, Beatriz Viterbo, 2006) y "Osos" (Rosario, Beatriz Viterbo, 2010).

Contacto: dievecchio@gmail.com

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