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Nov
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7 de noviembre: “I clowns” de Fellini

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18 octobre: Bellatin ou le corps à corps de la fiction

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Bellatín ou le corps à corps de la fiction

I

En 1766, Samuel-Auguste Tissot, médecin de Rousseau et auteur d’un traité sur l’onanisme, publie « De la santé des gens de lettres », où il décrit les méfaits de l’activité intellectuelle sur le corps. Les hommes de lettres qui mènent une vie sédentaire et qui respirent l’air renfermé et poussiéreux des bibliothèques seraient exposés au même titre que les onanistes à une foule de maux, parmi lesquels figurent pêle-mêle la pâleur, la tristesse, la langueur, la crainte, l’amaigrissement, les hernies, les hémorroïdes, la cécité, les spasmes, les tremblements, la paralysie, les crises d’épilepsie, les apoplexies, les léthargies, les catalepsies, la corruption de la bile et le dessèchement du cerveau.

Tissot illustre ce catalogue de symptômes, passablement effrayant, par des exemples tirés de son observation personnelle, ainsi que de la littérature médicale, de l’histoire littéraire et même de son imagination hypocondriaque. Madame Dacier, écrit-il, perdit l’usage des sens en récitant les adieux d’Hector à Andromaque. Après quatre années de travaux assidus, Monsieur le Chevalier d’Epernay perdit sa barbe, les cils, les sourcils, les cheveux et tous les poils du corps. Malebranche fut saisi d’une palpitation violente en lisant Descartes. À cause de l’étude, Gaspard Barloeus, orateur, poète et médecin, croyait qu’il avait un corps en beurre. Et Pascal eut le cerveau tellement atteint après de profondes méditations, qu’il croyait voir s’ouvrir à ses côtés un gouffre de feu.

Il faudra plus d’un siècle pour que la psychanalyse expurge de ses superstitions calvinistes cette théorie qui transforme la République de Lettres en Hôpital Général. Aussi pour Freud —en tout cas pour le Freud qui écrit en 1908 l’article « Le créateur littéraire et la fantaisie »— il y a un point  commun entre littérature et masturbation : le fantasme. Le romancier exhibe ce que la plupart des hommes dissimulent. Le roman ne serait que l’écriture détournée par condensation et par déplacement d’un rêve diurne mettant en scène les aventures érotiques ou les désirs d’ambition de sa Majesté le Moi.

Mais, à la différence de l’onaniste, le créateur freudien sublime, c’est-à-dire transforme ses fantasmes en des objets socialement valorisés, mettant les lecteurs en mesure de jouir de leurs propres fantasmes. En restituant aux Lettres leurs lettres de noblesse et en dépit de son expérience du corps souffrant des hystériques, Freud perd en chemin ce que Tissot avait introduit d’une façon trop brutale : le corps qui écrit.

II

Que les écrivains oublient aussi le corps, il suffit de lire les biographies d’auteurs imaginaires de Borges pour s’en apercevoir. On sait comment Pierre Ménard réussit à écrire le Quichotte, mais on ignore à quoi il ressemblait physiquement, comment il s’habillait, ce qu’il mangeait et buvait, comment il dormait ou quelles furent ses maladies. On peut dire la même chose de Mir Bahadur Ali, auteur de L’Approche d’Almotasim. Ou de Herbert Quain, auteur de The God of the Labyrinth ou d’April March.

Le cas le plus frappant est sûrement celui de Jaromir Hladik, un auteur tchèque d’origine juive, qui, arrêté par les nazis, demande à Dieu de lui accorder encore un an de vie pour achever son drame Les Ennemis. Dieu opère un miracle secret. Devant le peloton d’exécution, le temps et l’univers physique s’arrêtent pendant un an, sauf dans l’esprit d’Hladik, qui réussit à finir son œuvre dans sa pensée, debout et immobile.

Si le corps de l’hystérique fut l’impensable de la médecine, le corps de l’écrivain reste l’impensable de la littérature. Rien d’étonnant que les écrivains borgésiens soient des créatures décharnées, dépourvues de corps, réduites à une pure matière mentale : même pas des fantasmes, mais des fantômes.

III

Dans Shiki Nagaoka, un nez de fiction Mario Bellatín tourne le dos à Borges et à cette insigne tradition des biographies imaginaires. On y trouve tout ce que le genre exige : un goût pour la falsification, la supercherie, la contrefaçon ; la littérature fondée sur différentes pratiques de réécriture, telles la traduction, la fausse attribution, le détournement, le pastiche, la citation. On y trouve aussi cette tâche aveugle de la littérature, à savoir le corps de l’écrivain, rendu visible et sensible par un excès : un nez hyperbolique. Shiki Nagaoka possède un nez hors du commun —hors du commun de la moyenne nasale— objet de raillerie, de honte et de rejet, qui détermine non seulement sa vie mais aussi son œuvre littéraire. Perçu comme un signe de mauvais augure, un châtiment divin ou un symbole des idées occidentales, le nez est l’objet insaisissable de la fiction, qui cherche à raconter, non les aventures de sa Majesté le Moi, comme le voudrait Freud, mais les aventures du corps muet et invisible de l’écrivain.

Obsédé par cette « anomalie » physique, Shiki écrit, entre l’âge de dix et vingt ans, environ huit cents monogatarutsis —récits brefs— où il décrit les aspects physiques du nez, les distorsions du sens de l’odorat et de l’aptitude à respirer ou les aventures érotiques dont  l’appendice nasal est le protagoniste.

Ensuite survient une période de silence. Non que Shiki Nagaoka cesse de produire —il écrit deux essais : Le traité de la langue surveillée et Photo et mot—, mais  le thème du nez disparaît de ses écrits ou, plus exactement, il se déplace. Le nez est maintenant « hors champ », c’est-à-dire dans ce langage à l’extérieur du langage qu’est l’image. Il faut aller le chercher dans le dossier photographique (composé d’une cinquantaine de photographies détournées) qui accompagne le texte.

Or, la biographie iconographique de Shiki Nagaoka n’illustre pas sa biographie écrite. Ces images déploient leurs propres potentialités narratives pour raconter un autre récit que le récit écrit, plus lacunaire, insistant sur certains détails (ou si l’on préfère certains puncta), en passant d’autres sous silence. Si du côté de la biographie écrite il y a un excès de nez, du côté de la biographie iconographique l’on constate plutôt un manque. Sur la seule photo où l’on peut voir clairement le visage de Shiki Nagaoka, le nez a été gommé, arraché, soustrait, transformé en blanc, en trou, en négatif. Si la biographie écrite raconte les aventures et mésaventures du corps de l’écrivain, la biographie iconographique donne à voir l’impossibilité de voir.

Au déplacement du récit vers un autre langage que l’écriture, succède l’énigme. La dernière œuvre de Shiki Nagaoka est un livre illisible et intraduisible, rédigé dans une langue inventée, dont personne n’a trouvé jusqu’à présent la clé. À en juger par les déclarations de l’auteur à Estsuko Nagaoka, sa sœur et légataire universel, il s’agirait d’un essai sur le rapport entre l’écriture et les défauts physiques. Un chercheur mexicain affirme avoir découvert une autre piste pour déchiffrer l’énigme. Le livre illisible, paraît-il, décrit un crime passionnel. Shiki aurait perpétré le meurtre d’un domestique qui avait aussi un défaut physique et qui aurait rejeté ses avances. Personne ne pourra dire s’il a tort ou raison.

Quelle que soit la solution, on peut toujours imaginer que ce livre illisible et intraduisible expose bel et bien les principes de cette esthétique qui régit la fiction, fondée sur le rapport toujours problématique entre l’écriture et les défauts physiques.

Dans La Volonté de puissance, Nietzsche écrit : « La valeur de tous les états morbides consiste en ceci qu’ils montrent sous un verre grossissant certaines conditions qui, bien que normales, sont difficilement visibles à l’état normal ». Entre le normal et l’anormal, il n’y a pas d’opposition qualitative mais une différence quantitative. Les défauts physiques exhibent de façon exagérée ce que les états normaux montrent de façon atténuée, pour ne pas dire imperceptible.

Si Leriche définissait la santé comme le silence des organes, il faudrait dire que les anomalies physiques rompent ce silence pour rendre la parole au corps de l’écrivain qui avait hanté Auguste Tissot, qui avait échappé à Freud et à Borges, mais pas à la fiction hypocondriaque de Bellatín, hypersensible aux phénomènes somatiques, cherchant à atteindre l’impensable de la littérature.

Diego Vecchio, La femmelle du requin N°33, automne 2009.

17
Oct
09

17 octobre: salon de la revue indépendante

revista

14
Oct
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14 octobre: st juste

sant justo

17
Sep
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sábado 17 de septiembre: la lagartija de Grenoble

LAGARTIJA

05
Sep
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sábado 5: coloquio Borges

Un vínculo marcado por la ironía

En el encuentro, del que participarán escritores, críticos, investigadores y docentes, se explorarán las aristas de una relación ambigua.

Por Silvina Friera

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La relación de Borges con la cultura francesa excede la antipatía sobre la que tanto se ha insistido, hasta convertirla en el más ajado de los clichés. Pero abundan las referencias ambiguas, atizadas por los caprichos y las ironías borgeanas, en numerosas páginas de su obra. Vale la pena repasar alguna de las menciones burlonas y suspicaces del autor de El aleph. A Rimbaud lo definía como un artista en busca de experiencias que no logró; a Breton, como el artífice de manifiestos caudalosos y de prosa rimada; a Baudelaire, poeta de “almohadones y muebles”, como “la piedra de toque para saber si una persona es un imbécil”. El caudal de la malicia se excedía de su curso cuando fingía desconocer a los teóricos franceses. Al preguntarle sobre Saussure, él respondía: “El nombre me suena, aunque menos que Chaussure y Saucisse”. A Sartre, que se le acercó para decirle que lo leía y que lo había publicado en Les temps modernes, le dijo que lamentaba no conocer su obra. Algo parecido sucedió con Derrida. La literatura francesa en su conjunto, que tampoco se salvó del cuchillo borgeano, era una “red de escuelas, manifiestos, generaciones, vanguardias, retaguardias, izquierdas o derechas, cenáculos y referencias al tortuoso destino del capitán Dreyfus”, por lo que el historiador de la literatura “tiene que definir escritores que han pasado la vida definiéndose” porque “no hay literatura más self-conscious que la de Francia”.

En el IV Coloquio Internacional de Literatura Comparada Borges-Francia, que comienza hoy en la Universidad Católica Argentina y se extenderá hasta el próximo viernes, escritores, críticos, investigadores y docentes como Daniel Balderston, Sergio Pastormelo, Annick Louis, Norma Carricaburo, Martín Kohan y Michel Lafon, entre otros, explorarán las múltiples dimensiones de este vínculo complejo.

El arte de la injuria de Borges remite al de un francés, Léon Bloy, que llamaba a Zola “el cretino de los Pirineos”, a Huysmans y a Bourget “eunucos” y a Edmond de Goncourt “el ídolo de las moscas”. El autor de Ficciones no sólo se burlaba de las “supersticiones” de Francia; también de las alemanas, las inglesas, las argentinas, las españolas. A pesar de su declarada devoción por la literatura inglesa, Borges se aproxima más al homme de lettres francés, tal como lo encarnaron Flaubert o Valéry, tal como lo representó el satírico Pierre Menard. Pero más allá de su caricatura sobre Francia, probablemente inscripta en la retórica nacional de Inglaterra, recelosa de teorías, dogmas y derechos universales, en el póstumo Borges de Adolfo Bioy Casares despuntan opiniones más relajadas, incluso políticamente correctas, como cuando precisa que “en Proust siempre hay sol, hay luz, hay matices, hay sentido estético, hay alegría de vivir”. El comparatista belga Paul De Man sugirió leer los textos de Borges en la tradición del Candide de Voltaire. La ficción filosófica, el conceptismo irónico que deriva en comicidad, esa fascinación por el heroico saber enciclopédico y sus farsas, a las que Flaubert consagró su última novela, conectan a Borges con el Siglo de las Luces. No hay dudas del protagonismo que tuvo Francia en la difusión de la literatura de Borges. Ricardo Güiraldes y Valéry Larbaud fueron sus intermediarios; Néstor Ibarra y Paul Verdevoye lo tradujeron tempranamente; Roger Caillois lo publicó en la colección La Croix du Sud de Gallimard; la crítica amiga lo instaló con el Cahier de l’Herne (1964) y lo consagró posteriormente, aún en vida, con la inclusión en la colección de la Bibliothèque de La Pléiade en 1986.

A esta avanzada editorial habría que sumarle las reflexiones de Michel Foucault, Jacques Derrida, Gérard Genette, Lafon o Maurice Blanchot. Por intermedio de Paul Groussac, Borges habría aprendido a reconocer y cultivar “la economía verbal y la probidad que son características del francés”. Más allá de los rastros evidentes y de las influencias posibles, apenas se ha explorado qué marcas de Francia, qué usos de sus textos, hay en Borges. Pero antes habría que consignar algunos datos biográficos, como el aprendizaje de Borges durante su estadía en Europa, que se inició través de la Suiza francófona. El Collège Calvin, el epistolario con Abramowicz, la memorización de Les Fleurs du Mal, la escritura de poemas a la Verlaine, su primera reseña sobre libros españoles pero en francés, las lecturas de Romain Rolland y Henri Barbusse, configuran el retrato del artista adolescente y la particular mitología de un Borges francófono. Pierre Brunel, uno de los invitados a cargo de la conferencia inaugural, pero que por motivos de salud no podrá asistir al congreso, recuerda en diálogo con Página/12 que lo primero que leyó fue El libro de Arena, poco después de su publicación, entre 1974 y 1975. “Ese libro me marcó mucho por su juego entre el ‘yo’ y el ‘otro’, los dos Borges que evidentemente no eran más que uno”, dice Brunel. “La ironía de Borges no es siempre bien comprendida por los franceses, es distinta de la nuestra. Pasa por el intelecto, por un juego cultural al que hay que ser capaz de jugar. No es el aspecto al que haya sido más sensible inmediatamente, y no es la ironía la que pasa fundamentalmente por mi relación con él”. La lectura precoz de Las flores del mal tuvo “un efecto tardío en la obra de Borges”, subraya el académico francés. “Me sorprendió el lugar relativamente modesto que ocupa explícitamente Baudelaire en la obra de Borges. Hace falta buscar más bien por el lado del diálogo interior.”

“Magias parciales del Quijote”, que Borges publicó en La Nación en noviembre de 1949 sería el ensayo que varios años más tarde, gracias a Genette, comenzaría a circular con fruición “en los entresijos de una crítica literaria hoy muy expandida y que pronto hizo de Borges uno de sus santos patronos”, pondera Daniel Attala, de la Universidad de Bretagne-Sud. “La obra de Genette podría ser una reescritura lateral de la de Borges, tanto en su vertiente ensayística como autobiográfica –propone el académico Julien Roger–. En resumidas cuentas, Genette podría ser ‘el otro’ de Borges”. Carlos Alvarado Larroucau, de la Universidad París 8, analiza L’enfant de sable (El niño de arena), del escritor francófono marroquí Tahar Ben Jelloun, en la que “presenta a Borges, enmascarándolo, y luego se place en entremezclar la poesía del argentino a su prosa”, en una novela que se transforma en “un homenaje a uno de los intelectuales argentinos más respetados y apreciados por el mundo francófono”. A partir de algunos textos de Inquisiciones, Cristina Bulacio, de la Universidad Nacional de Tucumán, bucea en las “notables coincidencias”, como en las inevitables distancias, entre Borges y Gabriel Marcel. “Es posible que no se hayan leído mutuamente; sin embargo, los acercan lecturas comunes y preferencias electivas. Borges es literato e incansable lector de filosofía; Marcel es filósofo y también dramaturgo. Ambos coinciden de un modo axial. Mientras Marcel sostiene que ‘el error entra en el mundo con la reflexión’, Borges plantea que ‘no engañan los sentidos, engaña el entendimiento’”, compara la investigadora.

“El personaje Voltaire permite a Borges posicionarse ideológicamente a partir de los años cuarenta. O por decirlo mejor: Borges emplea el nombre propio Voltaire como un arma retórica en contra de aquella intelectualidad que ve en el francés a un ‘payaso ilustre’, expresión de Ignacio B. Anzoátegui”, explica Magdalena Cámpora, de la Universidad Católica Argentina. “La lectura de Voltaire, el hábito y la práctica de su obra, afinan en Borges la percepción de lo discontinuo”. En “El poema de los dones”, como sugiere Martín Centeno Rogers, de la Universidad de Chile, Groussac es poetizado y resignificado desde una “dolorosa ironía” como el símil especular de Borges. “Groussac cumplió múltiples roles en la obra borgeana, siendo una cita útil que va desde lo biográfico a lo bibliográfico. Estas utilizaciones dan cuenta de ciertos mecanismos de creación propiamente borgeanos, donde hay una construcción y valoración de ciertos autores que se ficcionalizan en pos de diversos fines –argumenta Centeno Rogers–. Groussac además encarnó la tensión de la relación entre la cultura europea –francesa–, y argentina, que Borges también trabajó, intentando borrar y desplazar los límites nacionales y culturales, cuestionándose la propiedad de la cultura.”

Julio Prieto, de la Universidad de Potsdam, examina el oblicuo diálogo textual entre Borges y Válery en “Pierre Menard, autor del Quijote” y “Seis problemas para don Isidro Parodi”, y rastrea la genealogía de dos cuestiones teóricas de la escritura de Borges: la teoría de la traducción y la noción de “muerte del autor”, en parte configuradas a partir de la lectura del poeta francés. Diego Vecchio, de la Universidad de Rouen, recuerda la sentencia de Rudolf Carnap, uno de los principales representantes del positivismo lógico, “la metafísica de Heidegger es una rama de la literatura fantástica”, con la que pretendía demoler, en los años veinte, desde Viena, la filosofía heideggeriana. “Borges tergiversa la fórmula de Carnap, cambiando lo negativo en positivo, el insulto en Witz, la superación de la metafísica mediante el análisis lógico del lenguaje en programa estético, no sin acentuar el lado kantiano del nudo entre literatura y filosofía. Borges dice que como la filosofía es incapaz de conocer lo Absoluto, lo mejor es utilizarla como ficción, simulacro, artificio”, reflexiona Vecchio. “A partir de los años sesenta, ciertos filósofos franceses, como Foucault, Deleuze o Blanchot, leen las ficciones de Borges en clave filosófica, invirtiendo la fórmula: la literatura es una rama de la filosofía. O si se prefiere: la literatura también piensa. Y muchas veces mejor que la filosofía.”

El investigador Pablo Martín Ruiz advierte que las relaciones conceptuales entre Borges y el grupo literario parisino Oulipo no han sido objeto de estudio, aun cuando algunos de los integrantes del grupo fueron explícitos en su admiración hacia Borges. “Casi desconocido hasta el momento es el impacto que la obra de Borges ha tenido en Georges Perec, uno de los más notorios miembros del grupo”, precisa Ruiz. “Perec ingresó al Oulipo menos a través de las obras e ideas de Raymond Queneau, fundador e ideólogo, que de las de Borges.” En tres intensas jornadas se revisará la relación de Borges con Francia y viceversa. “Nunca he dejado de estar en Francia y estaré en Francia cuando en alguna parte de Buenos Aires la muerte me llame –ha dicho el escritor–. No diré la noche y la luna, sino Verlaine. No diré cosmogonía, sino el nombre de Hugo, ni tampoco amistad, sino Montaigne.”

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Sep
09

Viernes 3 de septiembre: Coloquio Borges

PROGRAMA

10 a 12: Curso optativo a cargo de Annick Louis: “Para una epistemología de la literatura”

14  a 15.40 : PRIMERA SESION DE COMISIONES

Comisión A (Ilustración y después)

1. Magdalena Cámpora (UCA / CONICET), “Pour encourager les autres. Usos de Voltaire según Borges”

2. Lucas Martín Adur Nobile (Universidad de Buenos Aires / CONICET), “El hombre más extraordinario que recuerda la historia. Borges y la Vida de Jesús de Ernest Renan”

3. Judith Podlubne (Universidad Nacional de Rosario), “En los márgenes de Sur. La intervención de Borges en el debate `Moral y literatura´”

Comisión B (Schwob)

1. Bruno Fabre (C.E.R.I.E.C., Université d’Angers), “Borges, « devoto » de Marcel Schwob”

2. Gaël Prigent (Université de La Rochelle), “Borges et les décadents”

3. Alejandro Hermosilla Sánchez (Universidad de Murcia), “Schwob-Borges-Pitol: convergencias ficticias”

4. Mariano García (UCA / CONICET), “Schwob y Borges entre la biografía y el plagio”

5. Florent Souillot (Université Paris-Sorbonne Paris IV), “Parentés théoriques entre Vies Imaginaires de Marcel Schwob et Histoire universelle de l’infamie de Jorge Luis Borges”

16 a 16.45 : Conferencia de Norma Carricaburo (Academia Argentina de Letras, CONICET,  UCA): “Los enciclopedistas y el enciclopedismo de Jorge Luis Borges”

Pausa / Café

17 a 18.40 : SEGUNDA SESION DE COMISIONES

Comisión A (Incursiones, homenajes)

1. Ana María Llurba (UCA / USAL), “Memorias, reflejos y susurros. Borges y Bianciotti en busca de sí mismos”

2. Diana Salem (Centro de Estudios de Narratología), “Borges y  Héctor Bianciotti. Cercanías y distancias de una amistad literaria”

3. Guido Leonardo Croxatto (Universidad Torcuato Di Tella) y Maria Julia Heuck (Universidad de Buenos Aires), “Maupassant, Borges y el objetivismo”

4. Patricio Agustín Perkins (UCSF / CONICET), “Borges y Claudel: un encuentro a propósito de la Comedia”

Comisión B (Filosofía)

1. Raphaël Estève (Université Bordeaux 3), “Borges y la huella de Bergson”

2. Cristina Bulacio (Universidad Nacional de Tucumán), “Filosofía, literatura y viceversa (J.L. Borges y Gabriel Marcel)”

3. Azucena González Blanco (Universität Potsdam) y Evelin Arro (Universidad Nacional de Rosario / CONICET), “La Biblioteca y el ser del lenguaje en Borges y Foucault”

4. Gisle Selnes (Universidad de Bergen), “L’événement Borges” (Badiou)

18. 45 : Martín Kohan (Universidad de Buenos Aires), “Lo que entiendo por Borges”

Pausa

19.45 a 20.30 : Conferencia de clausura a cargo de Michel Lafon (Université Stendhal – Grenoble 3): “Borges y Francia”

20.30 : Vino de Honor.

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Sep
09

Jueves 3 de septiembre: coloquio Borges

PROGRAMA

10 a 12 : Curso optativo a cargo de Annick Louis: “Para una epistemología de la literatura”.

14.00 a 15.40 : PRIMERA SESION DE COMISIONES

Comisión A (Crítica y Teoría)

1. Daniel Altamiranda (IES N° 1 “Dra. Alicia Moreau de Justo”, IES N° 2 “Mariano Acosta”), “Primera aproximación de la crítica francesa a Borges (1950-60)”

2. Daniel Scarfó (Universidad de Buenos Aires), “Borges, la tradición francesa y las literaturas imposibles”

3. Juan Redmond (Université Lille 3), “Borges y dinámica de ficciones”

4. Roxana Gardes de Fernández (UCA), “La lógica de Deleuze y el universo borgeano”

Comisión B (Valéry)

1. Pablo R. Etchebehere (UCA), “Correspondencias entre P. Valéry y J. L. Borges. Literatura e identidad.”

2. Ester Liliana Rippa (Université Paris 10 – Nanterre), “Borges y Valéry a través del espejo”

3. Julio Prieto (Universität Potsdam), “Pierre Menard, traductor de Valéry: entre muertes del autor”

4. Christina Komi (Université de Dijon), “La discreta presencia de Francia en la obra de Borges”

Comisión C (Los años Sur y Francia)

1. Ana María Rossi (Universidad de Buenos Aires), “Borges, lector de literatura francesa en Otras inquisiciones”

2. Nancy Calomarde (Universidad Nacional de Córdoba), “Lecturas cruzadas: Borges, Caillois y Vitier”

3. Lies Wijnterp (Radboud University Nijmegen), “Posiciones y funciones de la obra de Borges en su primera recepción en Francia”

4. Graciana Fernández (Min. de Educación de la Prov. del Chaco), “La presencia de Francia en la intelectualidad argentina según el ejemplo de la Revista Sur, durante la década 1940-1950. Borges y el Grupo Sur”

15.50 a 17.10 : SEGUNDA SESION DE COMISIONES

Comisión A (Groussac)

1. Karim Benmiloud (Université Paul Valéry – Montpellier 3), “Paul Groussac en la obra de Borges”

2. Martín Centeno Rogers (Universidad de Chile), “Usos y funciones bío-bibliográficas de Paul Groussac en la obra de Borges: de la referencia erudita a la especularización poética”

3. Javier González (UCA / CONICET), “Borges-Groussac, o el cervantismo reticente”

Comisión B (Flaubert)

1. Mariana Di Ció (Université Paris 3), “Carlos Argentino Daneri y su destino ejemplar”

2. Lidia Alejandra Vásquez Velasco (Universidad Autónoma de México), “El libro total: Flaubert y Borges una lectura desde la óptica de Michel Foucault”

3. Loïc Windels (Université Paris 8), “La cuarta Tentación de Gustavo Borges y Buñuel”

Comisión C (Jóvenes investigadores)

1. Lucía Orsanic (UCA), “De Borges a Foucault: Una galería de la infamia. Análisis de « El asesino desinteresado Bill Harrigan », en Historia universal de la infamia (1935)”

2. Mariana de Cabo, Estefanía Montecchio (UCA), “La experiencia mística de Swedenborg como hecho estético en Baudelaire y Borges”

Pausa / Café

17.30 a 19.10: TERCERA SESIÓN DE COMISIONES

Comisión A (Traducción)

1. Martín Batalla (Universidad Nacional de Rosario), “Le concours amical: Néstor Ibarra, traductor de Borges”

2. Beatriz Vegh (Universidad de la República, Montevideo), “Borges y Villiers de L’Isle Adam: el corredor infinito”

3. Diego Vecchio (Université de Rouen), “Versiones sobre el Eterno Retorno”

4. Martha Vanbiesem de Burbridge (UCA), “Jorge Luis Borges traductor de Henri Michaux”

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Comisión B (Matemáticas, series, relaciones)

1. Catherine d’Humières (Université de Cergy-Pontoise), “Borges y Fermat : cuando las Matemáticas ayudan a resolver el enigma del laberinto”

2. Pablo Martín Ruiz (Tufts University), “La novela sin E y el secreto borgeano de Georges Perec”

3. Walter Geerts (Universiteit Antwerpen), “Borges-Butor: une vision abstraite du monde”

4. Zoraida González Arrili (Centro de Estudios de Narratología), “Paradigma de los temas borgeanos” (Pierre Macherey)

Comisión C (Borges – Borgès)

1. Carlos Alvarado Larroucau (Université Paris 8), “El niño de arena, de Marruecos a Buenos Aires. Homenaje francófono a Borges poeta”

2. Denise Ventura Schittine (Universidade Católica do Rio de Janeiro), “Les bijoux français de la biblioteca personal de Borges”

3. Ewa Grotowska-Delin (Université des Antilles et de la Guyane), “Borges-personnage dans les romans de ses contemporains : Witold Gombrowicz, Leopoldo Marechal, Ernesto Sabato. L’effet rétroactif de la posture littéraire”

4. Carlos Paulo Martínez Pereiro (Universidade da Coruña), “De las figures borgeanas edificadas por Blanchot y Cioran… et alia”

19.15: Conferencia de Sergio Pastormerlo (Univ. Nacional de La Plata): “Borges. Por una ruptura antivanguardista”

20.00: Conferencia de Annick Louis (Univ. de Reims / CRAL, EHESS): “Un Borges difiere de otro. El objeto literario entre tradición nacional, autor-monumento y apropiación”

02
Sep
09

Miércoles 2 de septiembre: coloquio borges

PROGRAMA

15 a 16: Inauguración del Coloquio a cargo de Néstor Corona (Decano de la Facultad de Filosofía y Letras), Javier González (Director del Departamento de Letras) y Magdalena Cámpora (Coordinadora del Coloquio).

Palabras de María Kodama (Presidente de la Fundación Internacional Jorge Luis Borges).

16 a 17: Conferencia inaugural de Pierre Brunel (Université Paris-Sorbonne Paris IV): “De Baudelaire à Borges”.

17 a 17.45 : Video-conferencia de Daniel Balderston (University of Pittsburgh): “Su letra de insecto: reflexiones sobre los manuscritos de Pierre Menard y Jorge Luis Borges”

Pausa / Café

18 a 20: SESION DE COMISIONES

Comisión A (Genette, Chartier)

1. Julien Roger (Université Paris-Sorbonne Paris IV), “Genette, « el otro » de Borges”

2. Daniel Attala (Université de Bretagne-Sud), “Magias parciales de Macedonio: del Borges de Maurice Blanchot al de Gérard Genette”

3. Lucas Scavino (Universidad de Morón / UBACyT / U. Académica Mariano Moreno), “Borges y Genette: ficción en la crítica y crítica en la ficción”

4. Victoria Riobó (UCA / Editorial Edhasa), “Pensar el libro: puntos de encuentro entre Borges y Chartier”

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Comisión B (Espacios)

1. Bill Richardson (National University of Ireland Galway), “Borges y l’espace lefebvrien”

2. Catherine Chomarat-Ruiz (École nationale supérieure du paysage de Versailles), “Borges / Thays :  prolégomènes à une poétique du monde”

3. Jorgelina Corbatta (Wayne State University), “Una lectura psicoanalítica de Borges desde Francia: Didier Anzieu”

Comisión C (El modelo inglés)

1. Lucas Rimoldi (CONICET / CILA), “Borges, Beckett, y sus investigaciones sobre la obra de Fritz Mauthner”

2. Gabriel Linares (Universidad Nacional Autónoma de México), “Nameless here for evermore : presencia y ausencia retóricas en « The Raven » y « Two English Poems »”

3. María Calviño (Universidad Nacional de Córdoba), “Borges y Beppo / Buenos Aires 1983: Un comentario sobre lo doméstico y Borges”

4. Alexandra Ivanovitch (Université Paris-Sorbonne Paris IV), “¿Borges profesor de literatura comparada? Emergencia, flexibilidad e irradiación de la literatura francesa en los Cursos de literatura inglesa”

20.00 : Presentación del libro de Daniel Attala, Macedonio Fernández, lector del Quijote (Paradiso ediciones, 2009). Mesa redonda.

miercoles

22
Ago
09

Sabado 22 de agosto: pablo pérez, monólogo interior en Contramano.

Estoy en la escalera para entrar a Contramano, pienso qué voy a tomar, el precio de la entrada es el de la consumición que pida, si pido una cerveza son cinco pesos, un fernet con coca, ocho pesos; un gin tonic, diez.

—¿Qué vas a tomar?

—Un gin tonic.

—Diez pesos.

Guardo los anteojos en un bolsillo de la campera, saco de otro el aerosol para los bronquios, me doy un puf y lo guardo. Dejo la campera en el guardarropas y camino entre la aglomeración de gente hasta la barra.

El gin tonic es mi último trago preferido. Nunca una bebida me había hecho perder el conocimiento, excepto una vez en París, cuando tuve mi único coma alcohólico. “¡Aay, Pablo! ¡Qué mal que andaba ‘ayee! ¡Andaba’ en cuatro patas!”, me dijo aquella vez Conchita cuando la Polaca me llevaba de la mano al lavadero automático donde yo trabajaba, de camino parábamos en cada bar a tomar una cerveza. En París, al menos en ese barrio, había como mínimo dos bares por cuadra. Yo estaba convencido de que era la tarde del día anterior, pero más tarde descubrí que era la mañana del día siguiente. Me había despertado desnudo después de un almuerzo en el departamento de la Polaca y Emilio, los dueños de la lavandería, una pareja gay: Emilio, filósofo, y la Polaca, hombre de negocios, que había vuelto de Polonia con varias botellas de vodka del Bisonte, la que viene con una brizna de hierba sumergida, una era para mí. “¡Toma vodka, Pablo! ¡Toma vodka!” Y Emilio me decía: “¡Toma vino, Pablo!”.

Ahora que lo pienso no fue ése mi primer coma alcohólico. Aquellas pérdidas del conocimiento en que no sabía, por ejemplo, cómo había regresado a mi casa la madrugada anterior, o cómo había llegado a tal o cual cama, fueron también comas alcohólicos. Y también las noches cuando con mi amigo Nico, después de dos o tres Trapax cada uno, íbamos a bailar a Bunker, donde nos encontrábamos con otros amigos, tomábamos gin tonic, cointreaux con vodka, cerveza… ¡Ahhh! ¡Gin tonic! Ahora me cierra todo. ¡Y mezclado con psicofármacos!

Entonces, ahora acabo no de descubrir sino de redescubrir el gin tonic. Ahora sin psicofármacos, en realidad hace mucho que sólo consumo drogas naturales, marihuana o cocaína, pero hoy ni siquiera fumé. Es una de las pocas veces que llego careta a una disco. El primer gin tonic me emborracha un poco, el segundo es el que mejor me pega, a partir del tercero casi siempre pierdo la conciencia y puedo llegar a hacer cualquier cosa. ¿Será el gin de acá, nacional, medio berreta, o es el gin en general, bueno o malo, el que me provoca este efecto? Se lo pregunté una vez a Raúl, que a veces va a las reuniones de Alcohólicos Anónimos, y me contestó que uno de los temas que hay que evitar entre alcohólicos es el de los tipos y marcas; entonces yo, para joderlo —en realidad se trata de un ejercicio de voluntad para él—, lo someto a mis descripciones y elogios del alcohol. A mi entender, el alcohol es muy importante en la vida, y que los alcohólicos no puedan tomar una copa de vino de vez en cuando me apena por ellos. Con Raúl intentamos un sistema según el cual yo le controlaba las copas que tomaba por noche; durante un buen tiempo funcionó, pero al poco tiempo siguió tomando alcohol solo después de que yo me iba de su casa y ahora está totalmente desbarrancado.

El barman me alcanza el gin tonic, siempre le pido mi trago al mismo, que me encanta, una picardía en la mirada que asoma sobre su nariz de boxeador, muy despierto, es más, creo que cualquier empleado trabajando de noche en una discoteca gay sabe un montón más de cosas sobre nosotros que nadie. Voy a bailar un rato. Todavía hay poca gente, es temprano, apenas la una de la mañana. Tomo un sorbo. Está fuerte, tiene poca agua tónica, es difícil de tomar, pero relajo la garganta y tomo un trago largo y fresco como una catarata.

Extraño a Alejandro, que ya no trabaja acá; ahora tengo puestos un jean y un buzo que me regaló cuando estábamos de novios. Físicamente me gustaba mucho y además se vestía casi siempre de cuero. Muy musculoso, con algo de panza.

Siempre encuentro una razón para terminar con alguien cuando no me gusta, pero también cuando me gusta. Soy un estúpido, Alejandro me gustaba. Sobre todo sentía una gran admiración por él, que estaba recuperándose de una grave lesión cerebro-vascular. La noche en que hablamos por primera vez me contó, con mucha dificultad para articular las palabras, que unos años atrás vivía en Londres, era contador y se entrenaba en fisicoculturismo. Le creí porque efectivamente tenía cuerpo de ex fisicoculturista. La lesión en el cerebro fue un accidente por exceso de anabólicos. Alejandro era un príncipe convertido en sapo, pensaba cada vez que lo veía pasando el secador por el piso en el baño del local, que a cada rato se inundaba. Esa noche lo esperé hasta que la disco cerrara y me llevó a su casa. En el dormitorio, sobre la cama, había una montaña de ositos de peluche. En esa época yo pensaba que solamente una loca —o una adolescente— podía tener semejante colección de peluches. Fue ahí cuando me di cuenta de que nuestra relación no iba a funcionar, duró poco más de un mes. Sin embargo, hasta la última vez que me lo encontré en la disco trabajando en el baño, nos seguimos besando y manoseando amistosamente. Ahora lo extraño…

“¡Un gin tonic, Dr. Pinchon!”, le digo mi barman amigo. El chiste le causa gracia y me lo festeja con una sonrisa. ¡Ahhh! ¡Qué divino es! No me gusta dejar propina en el vaso de la barra lleno de billetes de dos pesos, porque me sentiría como un viejo decadente que lo estuviera presionando para que me prepare el trago más fuerte o para que sea más amable de lo que ya es conmigo, pero esta vez no puedo evitarlo: cuando no me ve, le dejo un billete por todos los que no le dejé en casi diez años desde que vengo acá, desde el ‘95. ¡Más de diez años! En realidad, si fuera así, con la cantidad de veces que vine, tendría que haberle dejado uno o más billetes de cien pesos. Y si me viera dejárselos, pensaría que me lo quiero coger…

Voy otra vez a la pista. Una loca baila como loca, deja el vaso vacío en el piso al costado del espejo en el que se refleja, se mira, gira con los brazos abiertos. ¿Se sentirá linda? Huesuda, con los ojos saltones delineados, vestida como un bailarín de Rafaella Carrà, pero con el culo chato y caído. ¿No se da cuenta de que se ve ridícula? Lo más probable es que no le importe verse así, es una loca valiente. ¿Me tocará alguna vez dar un show tan lamentable? Ahora que lo pienso, papelones hice varios. La típica habitué… Acá tenemos habitués de todo tipo, en la escala que va de la loca más loca, gerontes y gerontófilos, barbudos y bigotudos, y sobre todo osos, muchos osos, de los fofos y de los musculosos, los osos son los que más levantan, claro, el lugar está lleno de cazadores. ¿Machos de verdad? Solamente los dos de seguridad y el bombero obligatorio después de la tragedia de Cromañón, un uniformado, lindo o feo, siempre calienta.

Otro habitué. Está siempre solo y usa anteojitos, tiene un aire intelectual. Muchas veces nuestras miradas se cruzaron, pero ninguno de los dos se acercaba al otro a conversar hasta que después de varios años de histeriquearnos se animó él. Fuimos a su casa y ahí pude ver la realidad de su vida. Cuando uno mira con deseo durante tantos años a una persona de la que no sabe nada, el encuentro con la realidad puede ser… ¿Puede ser qué? Muy difícil de explicarlo ahora. Igual estoy al pedo, solo con mi copa, pensando pelotudeces. ¿Por qué me cuesta tanto animarme a conversar con los tipos que me gustan? ¿Seré demasiado respetuoso o tendré miedo a ser rechazado? No sé… Ultimamente me animo un poco más, hablo con algunos, la mayoría de las veces son conversaciones tontas. Pero casi siempre estoy solo. Bueno, no es tan así. Me siento solo desde que se fue de casa mi ex… En realidad, lo nuestro nunca llegó a ser una pareja. ¿O sí? De todas maneras ya pasó. Hace menos de un mes intenté reanudar la relación, lo llamé y quedamos en que él me llamaría para que nos viéramos. Nunca llamó. Con él tuve mi primer intento de convivencia, lo conseguimos por unos diez meses y eso es algo que valoro mucho. Ahora la idea de enamorarme se me hace imposible.

Terminé el segundo gin tonic y sigo hablando conmigo mismo. La única frase a otro la digo cuando pido el ticket para un gin tonic en la caja y cuando se lo pido al barman, que se sonríe mientras me lo prepara, me lo da en un vaso largo y luminoso. El tercero. Y ahora digo, esta vez para mis adentros, ¡Doctor Pinchon! ¡Doctor Pinchon! ¡Salud! ¡Salud, dinero y amor! Le dedico mi brindis a mi amigo Raúl Escari, que a los gritos pide en el bar de Dr. Pinchon un Vaso Rebosante de Scotch.

¿Dónde estoy? En una cama. El sol entra por la ventana. A un costado veo una montaña de ositos de peluche tirados en el piso, y en la puerta aparece Alejandro, el sapo-príncipe, que con una sonrisa me trae el desayuno a la cama.

Pablo Pérez, Página 12, suplemento Soy.

http://www.pagina12.com.ar/diario/suplementos/soy/1-901-2009-07-31.html




Autor/Auteur

DIEGO VECCHIO, Buenos Aires, 1969. Reside en Paris desde 1992. Publicó una novela "Historia calamitatum" (Buenos Aires, Paradiso, 2000), un ensayo "Egocidio: Macedonio Fernández y la liquidación del yo" (Rosario, Beatriz Viterbo, 2003) y un libro de relatos "Microbios" (Rosario, Beatriz Viterbo, 2006). En preparación: "OSOS".

 

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