Archivos para 24 octubre 2007

24
Oct
07

Miércoles 24 de octubre: antes de irme a dormir

 

Antes de irme a dormir, Anabear me contó esta historia :

«Erase una vez un osito que tenía un hocico muy puntiagudo y unos ojitos tan vivarachos que eran la envidia de todos los osos de peluche : ningún botón de botín brillaba tanto. Vivía en el fondo de un bosque y pasaba horas contemplando los árboles y los abejorros.
Por la mañana comía miel : los osos son bastante tradicionales.
De vez en cuando pedía permiso a su madre para ir a visitar a su abuela, una osa muy gruñona que siempre estaba protestando. Era como una letanía, un murmullo venido de otro siglo. Corría el rumor de que en su juventud había conocido, en un país remoto, lleno de ritos extraños, a unas brujas que le habían enseñado su lenguaje misterioso y algunos hechizos. También sabía palabras encantatorias.
El osito se sentaba a sus pies, en una sillita baja y ella empezaba su murmullo y le gustaba no comprenderlo todo, le gustaba ver cuando se volvían dulces las palabras y notar como, de pronto, se volvían ácidas. Mientras estas dos sensaciones invadían su paladar mental, observaba como su abuela iba hasta la alacena en busca de algún pastel. Y venía con un frasco de mermelada de frutilla o frambuesa, que acababa de preparar especialmente para él, a pesar de que siempre se trataba de una visita imprevista. La abuela osa le decía que recogía estas frutas al lado de su cabaña. Pero el osito nunca había visto nada al lado de la cabaña, a no ser zarzales. Era otro misterio que por cierto no quería resolver. A ese osito le gustaba lo misterioso, le gustaba imaginar que las cosas llegan sin que se las espere o porque se esperaron.
Un día, al llegar, la encontró mirando, melancólica, un álbum de fotos. En una de estas fotos, un poco borrosa, muy vieja y gastada, se veía un grupo de osos con caras tristes y sonrisas forzadas, esbozadas para el fotógrafo por pura cortesía. En el grupo se destacaba una osa joven, bien plantada, con el cuerpo ligeramente erguido, como si estuviera diciéndole al fotógrafo (o al mundo entero, al mar, al cielo): « En mí, entra toda la voluntad. No le tengo miedo a nada porque mi fuerza está en este osito, que tengo a mi lado ». No estoy segura, pero creo que en la foto los osos estaban en un bote. Lo que no sé es de qué país venían.
El osito reconoció en aquella joven osa la mirada de su abuela —porque las miradas nunca cambian, es lo único que no cambia a lo largo de la vida— y también se reconoció a sí mismo en aquel otro osito temeroso : en la forma de mirar así, muy fijo. Mucho más tarde, alguien le preguntaría : « ¿Por qué miras así ? » Y el respondería : « Por culpa de la miopía, soy un oso-topo ». Pero sé que no es verdad. Mira así de fijo porque sus ojos tienen la capacidad de escudriñar todas las zonas que quedan sin descubrir, como la lámpara de un vigía, un faro marino. Los faroles y las linternas bajo la nieve se parecen al ojo de un cíclope que lo ve todo.
El osito no sabía todavía que en aquellas letanías apenas comprensibles, la abuela le estaba diciendo que un día él también se embarcaría en un bote y saldría de viaje.
Y los regresos son, como el tiempo que pasa, inciertos, indecisos.
Me hubiera gustado que aquella abuela le hubiese murmullado que cuando una Anna muere, otra nace. Estoy segura de que aquella abuela osa, en aquel valle, que nunca veré, lo pensó : porque así lo quiero yo. Es imposible que esta historia sea diferente : soy yo quien la está escribiendo.»

 

Et avant d’aller me coucher, Eric m’a dit :

« Celui qui voit sent qu’il voit, celui qui écoute sent qu’il écoute, celui qui marche sent qu’il marche ; et pour toutes les autres activités, il y a quelque chose qui sent que nous sommes en train de les exercer ; de sorte que si nous sentons, nous nous sentons sentir, et que si nous pensons, nous nous sentons penser, et cela c’est la même chose que se sentir exister : exister signifie en effet sentir et penser.
Sentir que nous vivons est doux en soi, puisque la vie est par nature un bien et qu’il est doux de sentir qu’un tel bien nous appartient.
Vivre est désirable, surtout pour les gens de bien, puisque pour eux exister est un bien et une chose douce. En «con-sentant», en «sentant avec», ils éprouvent la douceur du bien en soi, et ce que l’homme de bien éprouve par rapport à soi, il l’éprouve aussi par rapport à son ami : l’ami est en effet un autre soi-même. Et comme, pour chacun, le fait même d’exister est désirable, il en va de même (ou presque) pour l’ami.
L’existence est désirable parce qu’on sent qu’elle est bonne chose et cette sensation est une chose douce par elle-même. Mais alors pour l’ami aussi il faudra «con-sentir» qu’il existe et c’est ce qui arrive quand on vit ensemble et qu’on partage des actions et des pensées. C’est en ce sens que l’on dit que les hommes vivent ensemble et non pas, comme pour le bétail, qu’ils partagent le même pâturage… L’amitié est en effet une communauté, et, comme il en est ainsi pour soi-même, il en va aussi pour l’ami et tout comme, par rapport à soit, la sensation d’exister est désirable, ainsi il en ira pour l’ami. »

Aristote, L’éthique à Nicomaque, livre IX, « L’Amitié ».

 

23
Oct
07

Martes 23 octubre: la muerte es solo una voz que viajó por un alambre (11 025 km)

Na volta c’era ccu c’era
c’era na vecchia ca ciculattera
Ogni tantu ittava’n puntu
settete ddocu ca ora tu cuntu

 

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13
Oct
07

Samedi 13 octobre: l’arrivée des Oursons Jumeaux!


Nouvelles acquisitions pour la collection: E et D, les Oursons Jumeaux

Ours en peluche, composés de laine, de fils de couleur brodés et tissu de ruban rouge et vert, plastique de couleur noir, fabriqués en Chine, marque non spécifiée.

H. 20 ; L. 11 cm. Don Anabear.

INV. 2007-1-A, INV.2007-1-B

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12
Oct
07

Vendredi 12: le catalogue

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Deux extraits du catalogue

J.-L. Nancy, « Le plaisir au dessin »

« Il est permis de dire : l’art, c’est la mise à l’œuvre du plaisir de désirer. Entendons : de désirer donner forme et présence à ce qui dépasse toute présence et toute forme. L’œuvre qui en résulte, à la différence d’un ouvrage technique, tend d’elle-même vers plus ou vers autre chose qu’elle-même dans sa délimitation accomplie. Toute forme d’art – musique ou cinéma, performance ou poésie, danse ou architecture – porte les signes de cette tension dont il faut redire qu’elle excède toute intention et ce désir dont le plaisir ne se laisse pas assouvir (ni, donc, assoupir). Mais il est permis de considérer que le dessin représente de manière exemplaire la dynamique ainsi caractérisée. Le dessin – ce « dessin au trait » dont Matisse affirme qu’il est « la traduction la plus directe et la plus pure de l’émotion » – n’a pas d’autre intention que le geste par lequel une tension de cet ordre cherche à tracer son élan. Le dessin peut bien avoir été considéré comme la part la plus formelle et la plus intellectuelle, la plus représentative aussi, des arts visuels ; la signification du terme (designare, désigner, montrer du doigt, présenter, mettre au jour un dessein comme le dit le français qui a dédoublé le mot et le concept, tout en gardant longtemps cette seule orthographe pour les deux) peut bien avoir suggéré une nature intellectuelle ; le dessin peut bien aussi et de manière parallèle avoir été confiné dans la position de l’esquisse, de l’essai préparatoire, du schéma linéaire subordonné à l’œuvre pleine, parachevée en ses détails, sa texture, sa pâte et ses couleurs : le dessin n’en fait pas moins valoir à toutes les époques le privilège de la forme naissante et qui se plaît à son propre élan. Car avant de dessiner au sens de marquer les contours et de reporter les traits, il s’agit d’épouser un mouvement et d’en désirer l’allure, la lancée ou la levée – la « première pensée » comme le dit une belle expression technique des historiens du dessin. C’est le plaisir de cette pensée qu’on voudrait ici faire sentir, à même les œuvres. Celles-ci ne sont pas exposées pour illustrer un propos. C’est plutôt le propos qui est né des œuvres, de leur contemplation et du plaisir qui naît de leur attrait : le trait lui-même nous attirant et nous entraînant sur sa trace dans la profondeur du visible. »

 

 

Eric Pagliano, « La rature en suspens »

 

« On connaît la formule tout en énigme de Roland Barthes : « la littérature, c’est la rature », ou celle tout en homophonie, sous forme d’injonction, reprise en chœur par les généticiens de la littérature : « Lis tes ratures ». Un tel jeu de mots ne peut associer dessin et rature. Trop d’hétérophonie. On pourrait même se demander si les différences phonétiques de ces termes n’iraient pas jusqu’à refléter une divergence radicale entre la littérature, observée à partir de ses brouillons ou pour parler comme ces mêmes généticiens de ses « avant-textes » et les arts du dessin – peinture, sculpture, architecture – pour reprendre la formule consacrée par Vasari, vus depuis leurs œuvres graphiques préparatoires. Il semblerait que les dessinateurs et par dessinateur, nous entendons en fait, les peintres ou les sculpteurs voire les architectes, n’aient pas usé d’un tel procédé – si tant est que ce terme soit correct – dans la mise en place de leurs idées. Si l’on dépouille les catalogues existants de collections et les monographies d’artistes, la rareté des ratures saute ainsi immédiatement aux yeux.
Et pourtant, on imagine bien volontiers qu’un dessinateur face à son papier trace une ligne comme l’écrivain écrit des mots. A un certain moment, le mouvement ne peut plus être continu. Le geste s’épuise dans le regard de ce qui vient d’être tracé ou de ce qui vient d’être écrit. La plume s’arrête de tracer ; le crayon est suspendu au-dessus du papier. Le « désir de la ligne » ne peut plus être suivi ; le « plaisir de désirer » est au point mort. Il faut biffer, supprimer et retracer cette ligne pour retrouver ce désir/plaisir et recommencer. La biffure, la rature, la rayure seraient donc la conséquence graphique du déplaisir. Un déplaisir qui serait toutefois passager, dépassé par la reprise du geste qui cherche en traçant sur le support. La rature n’aura alors de raturante que le signe qui la marque, car sa fonction première comme le dit Pierre-Marc de Biasi, est heuristique.
Comment alors expliquer que l’on trouve si peu de ratures dans le domaine du dessin ? C’est peut-être que le mot « rature » a dans le domaine du dessin peu de sens : trop lié justement au mot. On raturerait un mot, pas une ligne ; un trait ne pourrait raturer un autre trait. Le trait constitue pourtant une ligne de circonscription ; il est le segment d’une forme en instance de formation. Abstraite ou figurative, peu importe, cette forme in statu nascendi, comparable à la phrase que construit et ordonne l’écrivain, est raturable au sens où celle-ci peut être supprimée, remplacée, désactivée, déplacée, suspendue. Mais les caractéristiques physiques de la rature « graphique » diffèreraient de celles que prend la rature textuelle. S’il est ainsi possible de définir une typologie fonctionnelle commune entre la rature textuelle et celle que l’on rencontrerait dans le dessin, force est de constater dès maintenant, que la typologie matérielle de l’une et de l’autre tend à se séparer, même si on peut constater quelques similitudes pour des cas « fonctionnels » particuliers. Le mot rature serait alors à mettre provisoirement sous rature dans le domaine du dessin ; une rature raturée qui ne serait pas toutefois synonyme d’effacement, de masquage, de suppression mais qui serait le signe d’une sorte de questionnement posé aux fins d’une comparaison. »

11
Oct
07

Jeudi 11 octobre: Le plaisir au dessin

Le plaisir au dessin: un parcours

1- Le tracé, la ligne
« Il faut toujours rechercher le désir de la ligne, le point où elle veut entrer ou mourir » Henri Matisse

Volterrano, Homme tenant par la bride un cheval
Volterrano, “Homme tenant par la bride un cheval”

arp
Jean Arp, “Dessin”

2- L’espace ouvert, investi
« Dessiner est toujours une métamorphose de signes qui changent d’aspect tels des insectes. Une métamorphose qui se répète toujours. Il n’y a pas de fin, pas de début. Il y a le sentiment d’aller, de venir, d’être toujours en route, de flux et de reflux. Pas de cadre évident, donc, mais plutôt un élargissement» Jan Fabre

fontana
Lucio Fontana, “Concetto spaziale”

faccini
Pietro Faccini,”Deux têtes d’homme barbu”

3- Matières, touches, sensations
« Il s’arrêtait parfois pour contempler un mur où s’étalaient des crachats de malades, et il s’en inspirait pour les batailles de cavaliers, les villes les plus fantastiques, les pays les plus immenses. C’était la même chose quand il regardait les nuages dans la nuit » Giorgio Vasari

 

michaux
Henri Michaux, “Taches”

 

dietman
Erik Dietman, “Aix”

 

Delacroix
Eugène Delacroix, “Etude de ciel nuageux”

4- Le geste du dessinateur
« Au commencement —encore— il y a le geste, c’est-à-dire non le seul mouvement, mais le dessin qui s’invente et qui se plaît à s’essayer, s’exerçant à saisir la fortune du trait. Dessinateur est celui dont le geste s’empare et conduit la main. C’est souvent un enfant, et souvent les plus grands dessinèrent très jeunes » Jean-Luc Nancy

 

 

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Domenico Beccafumi, “Etude pour Zeuxis assis”

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Eugène Delacroix, “Croquis enfantin”

5- De la main dessinante à la main dessinée
« Je sens ma main glisser sur le papier… » Willem De Kooning

 

bandinelli
Baccio Bandinelli, “Etude de mains”

viala
Claude Viallat, Sans titre

6- La forme qui se cherche
« Dans ces œuvres inachevées on voit les restes du dessin et on surprend la pensée même de l’artiste et c’est une puissante recommandation que la douleur de sentir cette main arrêtée pour toujours au milieu d’un aussi beau travail » Pline l’Ancien

« Il se peut que le Dessin soit la plus obsédante tentation de l’esprit… Est-ce même de l’esprit qu’il faut dire ? Les choses nous regardent. Le monde visible est un excitant perpétuel : tout réveille ou nourrit l’instinct de s’approprier la figure ou le modelé de la chose que construit le regard ». Paul Valéry

gaudier
Gaudier-Brzeska, “Lutteurs”

michel ange
Michel-Ange, “Deux hommes luttant”

7- Soutenir l’insoutenable
« Originelement le « beau » ne désigne pas autre chose que ce qui excite sexuellement. Le fait que les organes génitaux eux-même, dont la vue détermine la plus forte excitation sexuelle, ne peuvent jamais être considérés comme beaux, est en relation avec cela » Sigmund Freud
« Nous avons plaisir à regarder les images les plus soignées des choses dont la vue nous est pénible dans la réalité, par exemple les formes des animaux parfaitement ignobles ou les cadavres » Aristote

 

brus
Günter Brus,”Drei Kreuze”

 

viti
Timoteo Viti, “Etude pour une crucifixion”

lequeu
Jean-Jacques Lequeu, “Age pour concevoir”

 

errand
Charles Errard, “Visage de femme parmi des écorchés”

8- La passion du corps
« Tout image part du corps —c’est-à-dire s’en sépare— et y revient » Georges Didi-Hubermann

 

 

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Erik Dietman, “La chaussette”

 

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Benvenuto Cellini, “Etudes”

 

9- Des plaisirs à dessein

« Il arrive que le dessin veuille saisir, moins des scène de plaisir (c’est affaire de « tableaux », voire de scénarios) que la forme d’un plaisir, l’élan de son désir, les rythmes et les inflexions propres de l’une ou l’autre des espèces de la jouissance ou de la joie : comment le sensible (car tout plaisir est sensible, y compris le plus spirituel) se plaît à se ressentir lui-meme et à ne cesser d’aller plus loin dans la levée de sa propre « délectation » (selon le mot que Poussin choisit pour dire le cut de son art) ». Jean-Luc Nancy

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François Martin, “Bouche-baiser”

 

durer
Albrecht Dürer, “Etude de drapé”

10- Le dessein hors du dessin
« Il n’y a ni formes ni objets. Il n’y a que des événements —des surgissement, des apparitions » André Masson

 

 

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Pipilotti Rist, “Pipilotis Fehler”

 

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Elisabeth Sunday, “Masai Shadows”

10
Oct
07

Mercredi 10 octobre: vernissage

LE PLAISIR AU DESSIN

“Tantôt c’est l’ours qui invente l’art, en griffant les parois et en y laissant des sillons que son compagnon humain délimite avec surprise, avec crainte et avec le désir de leur donner plus visiblement le trait mystérieux qu’il y découvre. Tantôt, il laisse traîner ses doigts sales sur les surfaces des rochers – ou sur lui-même – et ces traces lui plaisent, cette boue est déjà couleur. ”

Maurice Blanchot, L’amitié.

 

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Commissaires de l’exposition

Jean-Luc Nancy, philosophe.
Éric Pagliano, conservateur du patrimoine, pensionnaire à l’Institut national d’histoire de l’art, mon ami, mon ex-ami, mon ex-ex-ami, mon meilleur ami, l’ourson qui dort à mon côté.
Sylvie Ramond, directeur du musée des Beaux Arts de Lyon.

 

Activités


Rencontres avec les commissaires

Mardi 13 novembre à 18 h à l’INHA, Paris (www.inha.fr)
Jeudi 15 novembre à 18 h 30, dans l’exposition, Lyon. Sur présentation d’un billet du jour.

Le plaisir au dessin dans l’atelier : expérimenter au musée la pratique du dessin avec deux artistes.

Gérard Gasquet, peintre, sculpteur et professeur à l’Ecole nationale des Beaux-Arts de Lyon : 10 novembre et 15 décembre de 14 h à 18 h
François Martin, peintre et professeur à l’école supérieure des Beaux-Arts du Havre : 17 novembre et 12 janvier de 14 h à 18 h.

Le plaisir en musique

Musique de chambre par les solistes de l’Orchestre national de Lyon.
Entrée libre sur présentation d’un billet d’exposition du jour.
Vendredi 12 octobre à partir de 12h30.

Séminaire : le plaisir esthétique

Trois rencontres autour de Jean-Luc Nancy et de ses invités.
Jean-Christophe Bailly : écrivain, poète et philosophe. Il a publié, entre autres, plusieurs monographies sur des artistes contemporains et de nombreux essais sur la peinture, l’architecture et le théâtre dont Regarder la peinture et
L’atelier infini : 30.000 ans de peinture.
Lundi 22 octobre 2007 à 18 h 30.
Jacqueline Lichtenstein
, professeur de philosophie de l’art à l’université de Paris-IV-Sorbonne, a notamment écrit La couleur éloquente et La tâche aveugle, Essai sur les relations de la peinture et de la sculpture à l’âge moderne.
Lundi 3 décembre 2007 à 18 h 30.
Hubert Damisch, philosophe spécialisé en esthétique et en histoire de l’art, professeur à l’École des hautes études en sciences sociales de Paris. Il écrit sur la peinture, l’architecture, la photographie, le cinéma, le théâtre.
Parmi ces nombreux ouvrages : La théorie des nuages, Traité du trait, Le Jugement de Pâris.
Lundi 7 janvier 2008 à 18 h 30.

06
Oct
07

Sábado 6 de octubre: “La selva de peluche”

 

« On appelle un ours une pièce refusée à beaucoup de théâtres, et qui finit par être représentée. Ce mot a nécessairement passé de la langue des coulisses dans l’argot du journalisme, et s’est appliqué aux romans qui se promènent. On devrait appeler ours blanc celui de la librairie et les autres des ours noirs ».

Honorée de Balzac, Petites misères de la vie conjugale, 1846.


La selva de peluche : obra de teatro para niños


Al principio, la escena está a oscuras. Súbitamente aparecen por las esquinas tres colas de coatí sin cuerpo, que empiezan a enroscarse y desenroscándose, como serpentinas electrocutadas. De pronto, aparece por la cuarta esquina, una cuarta cola, mucho más grande que las otras. Las tres colas se quedan paralizadas. Se enciende un proyector. Un haz de luz blanca deja ver cuatro marionetas: una madre coatí, con sus tres hijitos, en medio de una selva de peluche.

— Coaticitos, dijo madre, ya son bastante grandes como para estar haciendo travesuras todo el tiempo. Yo ya estoy muy vieja. Y el escueto salario que me pagan en este Parque Nacional ya no me alcanza para mantenerlos. Llegó la hora de que cada uno se busque un trabajo.
— Yo, dijo el primer coatí, quiero ayudar a los cocodrilos muy viejos a cruzar el río.
— Yo, dijo el segundo coatí, quiero hacerle masajes capilares a los árboles para que no se le caigan las hojas en el otoño y que en el invierno no se sientan tan feos.
— Yo quiero ser el mejor amigo de un niño, dijo el tercer coatí.
— ¿De dónde sacaste semejante idea?, le dijo la madre, dando un paso hacia atrás, visiblemente alarmada. Acepto cualquier tipo de trabajo. Pero hay una sola cosa de la que tienen que tener mucho cuidado: los niños. Son unas criaturas muy destructivas.
— ¡Es verdad!, dijo el primer coatí. Yo conocí a una niña que se divertía arrojando hormigas en una tela de araña.
— Y yo, dijo el segundo coatí, conocí a otro niño que le hizo tragar a un sapo el humo de un cigarro hasta hacerlo reventar.
— Los niños, dijo la madre, son criaturas muy crueles. Si no querés que te ocurra nada malo, tenés que estar lo más lejos posible.
— ¡No es cierto!, dijo el tercer coatí, hay niños que son muy buenos. Una vez, conocí a uno que me sacó muchas fotos. Y me regaló un chocolate.
— ¿Y vos aceptaste?, dijo la madre, dando otro paso hacia atrás, cada vez más espantada. ¿Acaso no leíste los carteles que prohiben terminantemente darle de comer a los coatís del Parque Nacional? ¡Eso es pura basura!
— Antes de despedirse, prosiguió el coatí sin dejarse intimidar, me prometió que sería mi mejor amigo para siempre y me preguntó si no quería irme con él a la ciudad. Yo le dije que sí, pero que en ese momento no podía. Primero tenía que terminar la escuela. Me dejó su dirección. Mamá, acabo de terminar la escuela y quiero ir a buscarlo.
— Podés hacer lo que quieras— dijo la madre, de pronto muy apenada, estrechando entre sus brazos a aquel coatí tan testarudo— ya sos grande. Si pensás que vas a ser feliz así, acepto tu decisión. Pero yo sé lo que te digo. Cuidate.
Más decidido que nunca, el coatí dejó la selva. En el borde de una ruta, se puso a hacer dedo y en un número increíble de camiones de ganado cruzó bosques, esteros, llanuras, desiertos, pueblos, aldeas, hasta llegar a una ciudad. Allí buscó la casa de su mejor amigo, pero se perdió. Nunca había pensado que una ciudad podía ser una selva tan grande e inhóspita.
Con el dinero que le dio su madre, apenas pudo pagarse una pensión, situada en una alcantarilla inmunda. Pero el coatí no se quejaba de las incomodidades de la vida cotidiana. Lo ponía muy contento saber que en algún momento volvería a encontrarse con su mejor amigo.
Buscó la calle en mapas. Nunca la encontró. Su mejor amigo tal vez vivía en las afueras de la ciudad o en una calle que no figuraba en ningún mapa. Preguntaba a la gente que cruzaba si conocía la dirección. Pero la gente no sabía nada. Y a veces, pasaba de largo, sin responderle.
A pesar de todo, nunca perdió la esperanza. No había un solo día en que dejara de buscar, caminando a la deriva por las calles, esperando encontrarlo por azar. Cuando lo asaltaba el hambre o el desánimo, entraba a una panadería y se compraba bombones de chocolate. Y de paso, aprovechaba para preguntar si conocían la dirección de su mejor amigo. Siempre le respondían : ¡ no !
Todas las noches soñaba que lo encontraba. Cuando se despertaba y se daba cuenta de que era solo un sueño, se ponía a llorar, con aquel llanto tan particular que tienen los coatís, silencioso como los movimientos de las plantas.
Al cabo de un tiempo de búsqueda infructuosa, algo en su interior se resquebrajó. Y por las fisuras irrumpieron un enjambre de dudas… ¿Y si se había equivocado de ciudad? ¿Y si su mejor amigo se había equivocado al escribir la dirección ? ¿Y si le había dado, de manera deliberada, una dirección falsa ? ¿Y si le había prometido que serían amigos para siempre solamente para burlarse ? ¿Y si su madre tenía razón y era verdad que los niños eran criaturas muy crueles? En vez de buscarlo, ¿no tendría que haberse alejado de aquel niño ?
No sabía qué pensar. Lo único que sabía era que el camino que había recorrido, con tanto ahinco, desde el principio, terminaba en un vacío. Y ahora era demasiado tarde para volver atrás. Se le había acabado el dinero. No le quedó más remedio que vivir en la calle, a la intemperie, en compañía de perros, gatos y ratones, que le robaron la valija, con lo poco que tenía. Se quedó sin nada. Lo perdió todo. Hasta el deseo de seguir buscando. Fue hasta un plaza para dejarse morir. Y se instaló debajo de un árbol a esperar la muerte.
Cuando pensó que estaba cerca del fin, vio de pronto, a lo lejos, como en medio de una bruma, a su mejor amigo, jugando con otros niños… Cuando menos se lo esperaba y más lo necesitaba, lo invadió una sensación de felicidad… No lo podía creer… Pensó que era una alucinación… Hacía tantos días que no comía… Estaba tan débil … Pero tal vez no fuera una alucinación, porque cuando lo llamó, con un hilo de voz casi inaudible, el niño se dio vuelta de inmediato y al verlo, se sobresaltó y se quedó paralizado por la sorpresa… ¡Era su amigo!… ¡Su mejor amigo!
Entonces… entonces… entonces.

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Autor/Auteur

DIEGO VECCHIO, Buenos Aires, 1969. Reside en Paris desde 1992.

Publicó "Historia calamitatum" (Buenos Aires, Paradiso, 2000), "Egocidio: Macedonio Fernández y la liquidación del yo" (Rosario, Beatriz Viterbo, 2003), "Microbios" (Rosario, Beatriz Viterbo, 2006) y "Osos" (Rosario, Beatriz Viterbo, 2010).

Contacto: dievecchio@gmail.com

octubre 2007
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